Notice sur la préface de Budgell (Theophrastus’s Moral Characters)
Claire Boulard, Sorbonne Nouvelle-Paris 3
Article mis en ligne le 16 décembre 2011 par Chantal Schutz
Imprimer cet article logo imprimer

    traductions de cet article :
  • English

Quand en 1714, Eustace Budgell (1686-1737), écrivain whig et contributeur occasionnel au périodique The Spectator, publie sa traduction des Caractères de Théophraste, les Anglais étaient friands du genre du caractère.

D’une part, Isaac Casaubon (1559-1614) dont la traduction latine des Caractères de Théophraste (1592) était assortie de commentaires érudits sur la société athénienne, avait contribué à rendre ce texte intelligible. [1] Son édition avait permis la première traduction des Caractères en langue vernaculaire par Joseph Healey (1616) [2]. Dans le même temps, l’homme de lettre Joseph Hall exploitait le genre du caractère en l’adaptant au contexte anglais et le popularisait en insistant sur sa dimension moralisante. [3] Les caractères furent largement utilisés pendant la guerre civile sous forme de pamphlets notamment. Ils devinrent également un des exercices d’écriture courants de tout jeune gentilhomme anglais. [4]

D’autre part, en 1688, paraît à Paris la traduction de La Bruyère accompagnée de courts portraits contemporains portant des noms antiques. Celle-ci, qui renouvelle le genre, connaît un succès immédiat et est traduite en anglais en 1698 sous le titre, The Characters or the Manner of the Age, made English by several Hands and the Characters of Theophrastus. Ses multiples rééditions – six entre 1698 et 1713  témoignent de l’intérêt pour Théophraste et pour la réécriture de la Bruyère. Elle témoigne aussi de la prépondérance de la France en matière de traduction.

En 1714, Eustace Budgell profite donc de ce regain d’intérêt pour le genre des caractères pour publier une nouvelle traduction tirée cette fois directement des fragments grecs originaux sous le titre : The Moral Characters of Theophrastus. Translated from the Greek qu’il publie chez le célèbre éditeur Tonson à Londres.

Il profite aussi non seulement de l’engouement pour les traductions de textes antiques dans la seconde moitié du XVIIe siècle, mais aussi de la volonté des Anglais de ne plus être dominés par la culture française. En 1714, l’Angleterre sort victorieuse de longues années de guerre contre la France. La Glorieuse Révolution de 1688 lui a permis de se doter d’un régime politique moderne, la monarchie parlementaire, qu’elle considère comme bien supérieur à celui, oppressif, du régime français puisqu’il garantit les libertés des citoyens. La faction Whig dont Budgell est un fervent défenseur revendique avec fierté ce changement politique qu’elle considère comme la marque de la spécificité anglaise : un esprit farouchement libre et indépendant. On peut donc interpréter sa nouvelle traduction de Théophraste comme un des indices signalant l’affranchissement de l’Angleterre de la culture française et l’émergence d’un patriotisme culturel.

Dans cette entreprise, il est encouragé par Joseph Addison, (1672-1719) son mentor, qui est un des chefs de file des Whigs et qui, auteur de traductions poétiques, vulgarise les nouvelles théories de la traduction dans ses périodiques, The Spectator en particulier. Mr. Spectator y rejette le mot à mot qu’il décrit comme incompatible avec la langue anglaise. [5] À l’essai n°229 du Spectator, [6] Addison propose à ses lecteurs trois traductions différentes d’un poème de Sappho (une, en latin, de Catulle, une, en français, de Boileau et une en anglais d’Ambrose Philips), afin qu’ils en comparent la méthode et l’effet. Il distingue ainsi après Dryden l’imitation de la traduction. Il est significatif qu’Addison compare un grand poète français, Boileau (1636-1711), grand défenseur des anciens dans la querelle des anciens et des modernes [7] avec un poète mineur anglais, Ambrose Philips [8], et qu’il donne en termes feutrés la préférence à Philips. Selon lui, Boileau ne respecte pas assez la passion du texte original : il produit ainsi une imitation ; tandis que la transcription de Philips répond aux critères d’une vraie traduction : « Cette traduction est rédigée dans l’esprit même de Sappho et aussi proche du Grec que le génie de notre langue peut le permettre » [9] affirme-t-il. Addison initiait ses lecteurs aux subtilités et aux beautés d’une traduction et rejoignait Dryden dans l’idée que l’exercice même de la traduction requérait des talents poétiques et une sensibilité particulière qui à la fois rendaient justice au texte source et révélaient au lecteur les beautés du texte traduit. Dans ses feuilles volantes, Addison popularisait aussi l’idée de Dryden selon laquelle pour être bon, le traducteur devait être autant un poète qu’un érudit. À l’essai n°238 du Spectator il dénonçait des traductions faites dans un style peu fidèle à l’original. De plus, il confortait ses lecteurs dans l’idée que les Anglais pouvaient dépasser le modèle français. Il encourageait ses lecteurs à entreprendre leurs propres traductions et allait même jusqu’à en publier des extraits dans son quotidien. [10]

Addison se positionnait ainsi plutôt du coté des Modernes, puisqu’il définissait la traduction comme une activité d’esthète, et non de professionnel érudit et pédant. La traduction constituait donc une marque de politesse. Son approche était cependant nuancée dans la mesure où Addison défendait la connaissance des textes anciens qu’il souhaitait vulgariser. Il concevait donc la traduction comme un outil précieux permettant de révéler au public des textes antiques élégants susceptibles de polir à leur tour le lecteur. Addison réconciliait ainsi Anciens et Modernes dans une même entreprise morale, esthétique et éducative – la conversation et la promotion de la politesse [11]  en faisant de la traduction un moyen de rendre moderne la littérature antique.

Moins nuancé qu’Addison, Budgell montre dans la préface à sa traduction qu’il est résolument moderne dans sa conception de la traduction. Il inscrit en premier lieu cette modernité dans une attaque anti-française. Tout d’abord, il tient à se démarquer de la Bruyère en disqualifiant sa traduction de deux manières. D’une part, La Bruyère est accusé de mettre son style en avant aux dépens de celui de Théophraste et de pécher par orgueil : « On penserait que je suis trop sévère si je disais que Monsieur Bruyère craignait que Théophraste lui fît de l’ombre, pourtant je n’aurai aucun scrupule à affirmer que la méthode qu’il a utilisée pour le traduire a retiré bien des beautés à cet auteur. » Selon lui, le propre du style de Théophraste est le feu et la vivacité, que La Bruyère ne rend pas.

Ensuite, La Bruyère est un partisan des anciens dans la querelle française des Anciens et des Modernes. Aussi, accompagne-t-il sa traduction de notes explicatives sur les mœurs et coutumes athéniennes que Budgell juge trop nombreuses et trop longues [12] : « la manière dont Monsieur Bruyère a procédé, en usant de trop nombreuses allusions aux coutumes grecques, oblige le lecteur moderne à consulter une ou deux notes, qui sont souvent plus longues que la phrase même dont il voudrait connaître le sens. » Pour Budgell, ces notes déconcentrent le lecteur et le détournent du texte de Théophraste. Elles l’empêchent donc d’en apprécier pleinement le style. « Si le lecteur est distrait dans sa lecture d’un caractère, et si son attention est attirée par un détail qui lui est étranger, l’impression vive qu’il aurait du produire est tout à fait cassée, et il perd plus de la moitié de sa force. » [13] Implicitement, Budgell sous-entend que de telles pratiques de traduction révèlent une forme de pédanterie et d’affectation et retirent au texte son statut d’œuvre littéraire.

Enfin, il rejoint Addison dans l’idée que la traduction est un vecteur de la politesse. Tout d’abord, il présente une traduction dénuée de toute trace de pédanterie mais qui repose néanmoins sur un travail d’analyse sérieux et informé qui la distingue des adaptations et des « travestis ». Contrairement à La Bruyère, Budgell s’abstient d’inclure des notes de bas de page. Ensuite, Budgell précise qu’il a accompli au préalable le travail de l’érudit, et a lu in extenso l’édition de référence de Casaubon et celle, plus récente, de Duport pour posséder une bonne compréhension du texte. Enfin, sa traduction est résolument destinée à un lecteur cultivé mais non érudit qu’elle a le devoir d’éclairer : « mais comme il n’y a pas une seule phrase dont le lecteur de sens commun, sans être érudit, ne puisse aisément comprendre le sens, je n’ai ajouté aucune note. » [14] Aussi l’érudition bien pratiquée en traduction doit donc être à la fois au service du texte, qui ne disparaît pas sous les notes, et au service du lecteur qui doit avoir une lecture aisée.

Conformément à ce qu’affirme Addison, Budgell estime ensuite qu’il doit donner la priorité à l’esprit plus qu’à la lettre du texte. Ceci consiste à en restituer l’esprit comique et dramatique ainsi que son contexte athénien. « J’ai bel et bien donné un air grec à l’ensemble de l’œuvre ». Selon la phrase de Budgell, « j’ai été bien plus soucieux de préserver l’esprit et l’humour de Théophraste que ses mots. » [15] Ainsi les choix de traduction de Budgell ont souvent été guidés par les interprétations de Casaubon et Duport, notamment dans le cas de passages comiques. Budgell définit donc la traduction comme étant d’abord une interprétation fondée sur la bonne compréhension de l’original. « J’ai en général suivi son interprétation [de Casaubon], qui était la plus humoristique, et je me suis parfois aventuré à adopter une interprétation différente de la leur. Si bien que le lecteur peut, s’il le souhaite, considérer cette traduction de Théophraste comme un court commentaire tissé dans les lignes du texte. » [16] Pour autant, dans un article critique qu’il publie sur cette traduction dans le périodique The Lover, [17] Addison assure que Budgell n’est pas un « fidèle interprète » [18], auteur d’une adaptation, mais bien un traducteur. Il évite le mot à mot, cherche des expressions équivalentes dans la langue d’arrivée à celle de la langue de départ et se soucie donc à la fois de respecter la culture et la langue des deux textes. [19] En cela, il le situe dans la lignée des pratiques de la traduction française qu’il parvient donc à égaler.

Mais la fidélité à l’esprit du texte a cependant aussi ses limites. Il s’agit ici de révéler les perfections des Anciens. Quand ceux-ci ne répondent pas aux critères de beauté du XVIIIe siècle, le traducteur s’arroge le droit de modifier le texte autant dans la lettre que dans son esprit. C’est en effet au nom de la loi suprême de la politesse que Budgell intervient sur le caractère intitulé « d’un vilain homme » : « je fus en particulier forcé de m’éloigner de mon auteur dans le 19ème chapitre, intitulé « d’un vilain homme ». La vérité est que l’original était si cru, que la politesse actuelle n’aurait jamais pu l’endurer ; » [20] Les termes nauséabonds sont ainsi adoucis et l’aspect choquant du caractère est effacé au profit de la bienséance. Une comparaison entre la traduction de Budgell et l’original montre qu’en effet le traducteur gomme des détails d’un réalisme sordide, (dents gâtées, furoncles, etc.) en usant de périphrases et d’euphémismes destinés à atténuer le côté répugnant du personnage. Le caractère perd ainsi son aspect provocateur. La traduction, en vertu du fait qu’elle doit être un vecteur de politesse, notion éminemment contemporaine, doit donc adapter le texte d’origine de sorte à le rendre compatible avec l’esprit du lecteur. En ceci encore Budgell rejoint Addison, grand promoteur de la politesse, qui fait du lecteur le premier bénéficiaire de la traduction. « Comme elle est en tout lieu, une liberté raisonnable et judicieuse, je ne vois nul autre chapitre où elle est plus utilisée, and où il était si absolument nécessaire de l’utiliser que dans le caractère du vilain homme. Je vois que le traducteur lui-même, bien qu’il ait pris toutes les peines pour l’atténuer, craint qu’il y ait quelque chose de trop répugnant dans sa description. Le lecteur verra avec quelle délicatesse il a évoqué ces détails and rejeté dans l’ombre tout ce qui pouvait être choquant dans une figure aussi écœurante ».

Le caractère « du vilain homme » met en lumière les limites des nouvelles théories de la traduction de Budgell. Il souligne également les limites de la culture antique comme modèle pour l’Angleterre. Budgell en effet choisit la bienséance qui préserve le lecteur même si elle l’oblige à renoncer à la fidélité au texte et à produire une infidèle. Le « vilain homme » montre enfin la puissance de la volonté de rupture d’avec la culture française. Il est révélateur que Budgell justifie son choix en mettant en cause le modèle français de traduction : « et d’ailleurs la traduction française n’est pas plus raffinée. » La traduction de la Bruyère pour fidèle qu’elle est, avilit le lecteur en l’obligeant à lire un texte barbare. Budgell préfère rompre à la fois avec les règles françaises de traduction et les exigences de fidélité d’un lectorat érudit pour poursuivre son entreprise whig d’éducation des classes moyennes par la politesse. Il propose donc d’abord une traduction polie. [21]

Addison sent d’ailleurs bien les contradictions qui pointent dans les justifications de la préface de Budgell. Il vole à son secours dans son article critique du Lover où il justifie de tels choix de traduction par une citation de Lord Roscommon, tirée de son essai sur la traduction poétique : « none yet have been with Admiration read,/ But who (beside their Learning) were Well-Bred ». [22] Pour faire bonne mesure, il publie le caractère du du vilain homme dans la version de Budgell puis dans celle, traduite en anglais, de La Bruyère afin que les lecteurs puissent comparer. Addison renverse la situation de telle sorte que tout lecteur qui appréciera la traduction de la Bruyère pour sa fidélité à l’original de Théophraste sera assimilé non seulement à un pédant mais aussi à un homme dépourvu de goût et d’élégance.

C’est donc bien en cela que la préface de Budgell à la traduction de Théophraste constitue une étape dans les théories de la traduction : elle fait de la traduction un instrument patriotique qui érige la politesse et la bienséance en principes de traduction britanniques, fondamentaux et modernes. La publicité faite par Addison dans The Lover et le succès de l’édition de Budgell montrent que les contemporains apprécient cette nouvelle conception de la traduction. Deux éditions paraissent en 1714, une troisième en 1718. En 1743 et 1751, deux nouvelles éditions sont proposées au public.

Bibliographie :

Sources primaires :

Budgell, Eustace, The Moral Characters of Theophrastus. Translated from the Greek, London, 1714.

Gally, Henry, The Moral Characters of Theophrastus translated from the Greek with Notes, London, 1725.

Hall, Joseph, Characters of Virtues and Vices, London, 1608

Healy, Joseph, trad, Theophrastus, his Morall Characters, London, 1616. La Bruyère, Jean de, Les Caractères, éd. Emmanuel Bury, Paris : Classiques de poche, 1995. Steele, Richard, The Lover, in Steele’s Periodical Journalism 1714-1716, ed. Rae Blanchard, Oxford : Clarendon, 1959.
— -, The Spectator, ed. D. F. Bond, Oxford : Clarendon, 1965. 5 vols.

Sources secondaires :

Boyce, Benjamin, The Theophrastan Character in England to 1642. Cambridge, Mass. : Harvard UP, 1947. Kruse, Margot, « Un précurseur de La Bruyère : Joseph Hall et ses Characters of Virtues and Vices en France » CAIEF, n°44 (1992), p. 245-260. Gillespie, Stuart, Hopkins David, The Oxford History of Literary Translation in English, 1660-1790, Oxford : OUP, 2005. Levine, Joseph M, The Battle of the Books:History and Literature in the Augustan Age, Ithaca : Cornell, 1991. Parenty, Hélène, Isaac Casaubon, helléniste : des studia Humanitatis à la philologie. Genève : Droz, 2009. Phillipson, Nicholas, « Politics and Politeness in the Reigns of Anne and the Early Hanoverians », in J. G. A. Pocock, ed., The Varieties of British Political Thoughts 1500-1800, Cambridge, Cambridge UP, 1993, p. 211-245. Smeed, J. W., Theophrastan Character, The History of a Literary Genre. Oxford : Clarendon, 1985. Venuti, Lawrence, “Neoclassicism and Enlightenment”, in The Oxford Guide to Literature in English Translation, ed. Peter France, Oxford : OUP, 2000, p. 55-64.

Notes :

[1] Voir Hélène Parenty, Isaac Casaubon, helléniste : des studia Humanitatis à la philologie, Genève : Droz, 2009.

[2] Joseph Healy, trad., Theophrastus, his Morall Characters, London, 1616. Une seconde édition paraît en 1636.

[3] Joseph Hall (1574-1656) publie en 1608 ses Characters of Virtues and Vices. Voir Margot Kruse, « Un précurseur de La Bruyère : Joseph Hall et ses Characters of Virtues and Vices en France », CAIEF, n°44 (1992), p 245-260. Les Characters de Thomas Overbury furent également publiés (de manière posthume) en 1614. Voir Benjamin Boyce, The Theophrastan Character in England to 1642, Cambridge Mass : Harvard UP, 1947.

[4] Voir J W. Smeed, Theophrastan Character, The History of a Literary Genre, Oxford : Clarendon, 1985.

[5] Voir The Spectator n°209, éd. D. F. Bond, Oxford, Clarendon, 1965 5 vols) vol 2, p. 317-21.

[6] Ibid., n°229 : vol 2, p 390-93.

[7] En 1712, à un moment où Madame D’acier relance la querelle avec L’Illiade d’Homère traduite en français avec des remarques, 5 vols (Paris, 1711) est traduite en Anglais la traduction de Boileau du Traité sur le sublime de Longin, dans lequel il défend Homère contre Perrault (A Treatise of the Sublime from the Greek of Longinus with critical reflexions, trans. Pierre Desmaizeaux). Les remarques d’Addison sur Boileau sont donc à lire dans ce contexte d’une querelle qui reprend de la vigueur en Angleterre. Sur la querelle en Angleterre, lire Joseph M. Levine, The Battle of the Books : History and Literature in the Augustan Age. (Ithaca : Cornell, 1991).

[8] Ambrose Philips (1674-1749) était un autre protégé d’Addison. Auteur de pastorales , il écrivait également pour le Spectator et le Guardian. En 1718-1721, il devint l’un des contributeurs principaux d’une autre essai périodique The Free Thinker dans lequel il publia ses propres traductions de plusieurs fables et Dialogues des morts de Fénelon.

[9] Spectator n°229. “This Translation is written in the very spirit of Sappho, and as near the Greek as the Genius of our Language will possibly suffer.” Vol ; 2, p. 392

[10] À l’essai n°238 est publiée une traduction d’Aristanetus envoyée par un correspondant.

[11] Sur les liens entre littérature, politesse et politique en Angleterre, et la stratégie journalistique de Steele et d’Addison en matière de politesse, lire l’article de Nicholas Phillipson, « Politics and Politeness in the Reigns of Anne and the Early Hanoverians », in J.G.A. Pocock éd., The Varieties of British Political Thoughts 1500-1800, Cambridge, Cambridge UP, 1993, p. 211-245.

[12] Pour chaque caractère, La Bruyère introduit en moyenne trois à quatre notes explicatives. Se reporter à l’édition d’Emmanuel Bury, Les Caractères (Paris : Classiques de poche, 1995). Les notes de La Bruyère étaient aussi rapportées en marge de la traduction anglaise.

[13] Budgell, “If the Reader is diverted in the midst of a Character, and his Attention called off to any thing Foreign to it, the lively impression it should have made is quite broken, and it loses more than half its force.” The Moral Characters of Theophrastus. Translated from the Greek,( London, 1714), preface, sig. a4.

[14] Budgell, “the Reader may . . . look upon this Translation of Theophrastus, as a short Commentary interwoven with the Text. I have indeed still given a Grecian cast to the whole Work ; but as there is not one Sentence but what a reader of common Understanding tho’ no Scholar, may easily take the Meaning of, I have added no Notes” (Preface, sig. a4).

[15] Budgell, “I have taken a pretty deal of Liberty in the present Translation ; and been much more solicitous to preserve the Spirit and Humour of Theophrastus, than his Words,” Preface, sig. a4.

[16] Budgell, “I have carefully read over the Notes of Casaubon and Duport, to whom I am oblig’d for the Meaning of several obscure Passages. I have usually followed his Interpretation in which there was most Humour, and sometimes ventured to differ from them both ; so that the Reader may, if he pleases, look upon this Translation of Theophrastus, as a short Commentary interwoven with the Text.” (Preface a4)

[17] The Lover, n°39 , in Rae Blanchard, éd., Steele’s Periodical Journalism 1714-1716, Oxford, Clarendon, 1959, p. 134-138.

[18] “a faithful interpreter” (Ibid, p. 136).

[19] “The translator . . . uses such particular elegances in his own Tongue, as bear some Analogy to those he sees in the Original.” Ibid, p 136

[20] Budgell, “I was particularly forced to vary from my Author in the 19th Chapter, entitled, A Sloven. The Truth of it is, the Original was so very course, that the Politeness of the present Age would never have endured it ;” preface, n. p.

[21] C’est le reproche que formule en 1725, l’auteur de la nouvelle traduction en Anglais des Caractères de Théophraste, Henry Gally. Il explique dans sa préface : “on doit reconnaitre que la traduction de M. Budgell est polie : Mais la politesse n’est pas la seule compétence requise dans une telle traduction. Le lecteur érudit qui comprend l’original la considérera d’un autre œil. (The Moral Characters of Theophrastus translated from the Greek with Notes, London, Preface, p. xvii, c’est moi qui traduis). On voit donc que reparaît le clivage entre érudition et élégance, fidélité et interprétation. On remarque aussi que cette nouvelle traduction réintroduit des notes savantes longues et abondantes, qui commentent à la fois le choix des termes grecs de Théophraste et les interprétations qu’en donnait Casaubon.

[22] The Lover, p. 137.

puce Contact puce Espace rédacteurs puce squelette puce RSS puce Valid XHTML 1.0 Strict
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V2