Notice sur la préface de Philemon Holland
The historie of the world
Article mis en ligne le 28 juillet 2014 par Chantal Schutz
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Sophie Chiari (LERMA, Aix-Marseille Université)

Originaire de l’Essex, Philemon Holland est né le 6 novembre 1552. Son père, John Holland, était un fervent partisan de l’Église d’Angleterre et, à ce titre, il dut s’exiler sur le continent sous le règne de Marie Tudor, dite « la sanglante », alors que Philemon n’était âgé que de quelques années. L’année 1559 marque le retour de John en Angleterre. Son fils fréquente alors la « grammar school » de Chelmsford et, à partir de 1568, le jeune homme poursuit ses études en entrant à « Trinity College » (Cambridge). Une dizaine d’années plus tard, en 1579, il épouse Anne Bott (1555-1627), dont il aura dix enfants [1].

Diplômé d’Oxford et de Cambridge, il commence à exercer la médecine en 1597, tout en enseignant à la « Free School » de Coventry [2]. Peu avant 1600, il entreprend un ambitieux chantier, la traduction de l’histoire de Tite-Live. Ce travail fait l’objet d’un premier livre publié alors qu’il a déjà 48 ans. Tout juste un an plus tard, Holland s’attaque aux trente-sept volumes de la monumentale Naturalis Historia de Pline l’ancien, où le merveilleux le dispute à la science. Disposer du texte-source n’est pas un problème : à cette époque, les éditions de cette vaste encyclopédie inondent le marché. Le traducteur a peut-être eu entre les mains celle de Delacampius, mais l’hypothèse reste à confirmer. Holland possède les qualités et les défauts de son temps — il accumule, enjolive, réécrit — mais il se comporte en traducteur suffisamment précis pour faire date dans l’histoire de la traduction : il faut attendre 250 ans pour qu’un Anglais se risque après lui à traduire l’encyclopédie latine [3]. The historie of the world Commonly called, the natural historie of C. Plinius Secundus impose en effet le respect du vivant même de Holland. Une deuxième édition est publiée la même année, une autre paraît en 1634 et sera suivie par une réédition en 1635, ce qui atteste du succès durable de l’entreprise de Holland. Ce succès s’explique non seulement par l’engouement des Renaissants pour la culture encyclopédique des Anciens, mais aussi par l’index précis et pratique conçu par Holland, qui possède le grand mérite de rendre sa traduction aisément utilisable [4].

Rien ne semble résister à notre traducteur et, après Tite-Live et Pline, il entreprend de traduire les Moralia de Plutarque en 1603, d’après l’original grec. S’ensuivent l’Historie of Twelve Caesars de Suétone en 1605, la Roman History d’Ammianus Marcellinus en 1609, et le Britannia de William Camden en 1610. Il traduit même The Theatre of the Empire of Great Britaine de John Speed en latin, sous le titre de Theatrum imperii Magnae Britanniae (1616). En 1621 il s’intéresse à Xénophon et publie Life of Cyrus. Il travaille inlassablement jusqu’à sa mort, mais sa traduction du Cyropaedia (1632), du même Xénophon, sera l’un de ses derniers grands travaux. Il meurt à Coventry le 9 février 1637. Ses traductions resteront très largement utilisées jusqu’au 18e siècle, et seront fréquemment évoquées par les plus grands hommes de lettres [5].

La préface qui nous occupe nous montre le degré de réflexion de l’un des premiers quasi-professionnels de la traduction que l’Angleterre ait connus. En effet, à une époque où les écrivains s’efforcent généralement de joindre les deux bouts en complétant leur principale activité par la pratique de la traduction (et de fait, un marché existe puisque certains éditeurs à l’instar de John Wolfe se spécialisent dans la diffusion d’ouvrages traduits en anglais) [6], Holland, lui, fait passer la traduction au premier plan de ses préoccupations, et ne se souciera jamais de publier le moindre ouvrage original.

Sa réflexion fait de l’acte traductif une pratique herméneutique et l’Anglais suit en cela les préceptes déjà prônés avant lui par le Protestant Laurence Humphrey dans Interpretatio linguarum (1559) [7]. Au terme de translatio, Humphrey expliquait déjà préférer celui d’interpretatio (soit hermēneia en grec), au motif que traduire consiste d’abord à élucider le sens d’un texte [8]. La réflexion de Holland s’inspire donc de celle de ses prédécesseurs, et elle s’accompagne d’un indéniable sens politique puisque le préfacier ne manque pas une occasion de rendre hommage à la reine Élisabeth, « princesse sans pareil » à qui il avait dédié sa précédente traduction de Tite-Live, et au « fort heureux et gracieux gouvernement » de cette dernière, quitte à forcer un peu le trait en évoquant une « ère paisible » [9], alors que l’Angleterre de la fin du 16e siècle eut fort à faire contre les Espagnols, d’une part, et les Irlandais de l’autre. Mais qu’écrire d’autre lorsqu’on dédicace ses pages à Robert Cecil, premier conseiller de la reine ?

Holland voit donc son propre travail comme le « fruit » [10] des efforts entrepris par la souveraine en matière de littérature. Il est vrai que la pratique de la traduction connaît une sorte d’âge d’or à partir des années 1580. Les grands auteurs romains deviennent enfin accessibles dans la langue anglaise et Holland reprend en réalité une tradition initiée par Henry Savile (auquel il rend un hommage implicite dans sa préface), avec sa traduction des Annales de Tacite achevée en 1591. Or, si la traduction est à ce point encouragée par le pouvoir, c’est aussi qu’elle remplit une fonction éminemment politique. Holland est un traducteur patriote, qui ne traduit pas seulement pour enrichir son propre savoir [11] tout en rendant Pline accessible à tous, y compris aux plus modestes [12] (on retrouve ici un lieu commun des préfaces de traducteurs à cette époque), mais aussi afin de dorer le blason de la langue anglaise. Cette dernière, sous sa plume, devient particulièrement apte à rendre la richesse de la langue latine : « […] the tongue in an English mans head is framed so flexible and obsequent, that it can pronounce naturally any other language [ …] ». Tout le génie de Holland consiste à intégrer au texte-cible les subtilités du latin dans un style accessible. Le traducteur n’en fait d’ailleurs pas mystère. En effet, dans sa première grande traduction, celle de Tite-Live, il écrivait déjà : « I framed my pen, not to any affected phrase, but a mean and popular stile […] let it be attributed to the love of my country language » [13]. Dénuée d’emphase, l’écriture de l’Anglais est en outre très rythmique. Elle est de ce fait agréable à lire, facile à comprendre, aisément mémorisable, et l’on ne s’étonnera donc pas que sa propre version de l’Histoire naturelle soit rapidement devenue une mine d’inspiration pour les contemporains de Shakespeare, qu’ils soient dramaturges, poètes, ou « natural philosophers » [14].

Si la préface laisse poindre les qualités rhétoriques de Holland, elle souligne aussi, de manière implicite, les inquiétudes majeures qui découlent de la pratique traductive dans l’Angleterre élisabéthaine. Neil Rhodes les résume ainsi :

[Anxieties about rank and status] may have a straightforwardly social dimension […], but in the course of the sixteenth century these anxieties also cover textual degradation, the unwelcome popularization of professional ‘secrets’, the vulgarization or simplification of learning (‘dumbing down’) and the lowly role of the translator himself […] in relation to the original invention of the author [15].

Le fait est que tous les points d’achoppement évoqués par Rhodes se retrouvent sous la plume de Holland. Ce dernier affirme d’emblée vouloir lutter contre la dégradation des textes anciens, s’efforce de commenter sa pratique traductive sans toutefois se risquer à en émettre une théorie limpide, souhaite toucher le plus grand nombre sans trahir la noblesse de l’original, et avoue à mots couverts l’ingratitude de son entreprise (nombreuses sont les allusions à l’effort colossal qu’il a dû fournir alors même qu’il ne fait que restituer la parole d’un autre). Paradoxalement, il suggère aussi, en filigrane, que la fonction de traducteur est bien plus noble qu’elle n’y paraît au premier abord, puisqu’elle sert la patrie tout entière. Plus important encore, le traducteur évoque l’une des inquiétudes majeures provoquées par l’afflux de traductions d’ouvrages scientifiques à la Renaissance, notamment lorsqu’il pourfend ses contempteurs : « And yet some there be so grosse as to give out, That these and such like books ought not to be published in the vulgar tongue. It is a shame (quoth one) that Livie speaketh English as hee doth : Latinists onely are to bee acquainted with him ». Or, à l’époque, ceux qui croient que le savoir ne devrait pas être diffusé, ce sont surtout les tenants de la foi catholique. Holland dresse donc de sa propre personne un portrait en creux. Il se défend de tout élitisme et traduit clairement dans une optique protestante, qui voit la traduction comme une panacée permettant au peuple d’accéder enfin aux vérités essentielles. Faire œuvre de traduction revient donc à faire œuvre de charité chrétienne.

Outre ce lien très fort entre pratique religieuse et pratique traductive, l’une des grandes forces du traducteur anglais, c’est d’ignorer une pratique somme toute relativement populaire, et qui consistait alors à traduire des classiques latins ou grecs via une traduction intermédiaire en français ou en italien. Holland est en effet suffisamment lettré pour aller directement à la source. Sa pratique se caractérise également par le refus du raccourci, ou de l’omission. Dans la lettre qui vient clore sa préface, il attribue ainsi à son principal soutien, « one grave and learned preacher », les propos suivants : « Yea, though some of them (as namely Plinie) have spoken dishonourably of the only true God and of his providence, because they knew him not ; which speeches (if it might stand with the laws of Translation) I could wish were utterly omitted […] ». La parenthèse est, comme souvent, des plus significatives : elle souligne, déjà, une certaine « éthique du traducteur » (Antoine Berman [16]). Holland se refuse donc à effacer les passages originaux susceptibles de heurter ses contemporains, et justifie sa décision en évoquant les « lois » de la traduction, qui de fait n’existent pas, mais qui correspondent à un code de conduite personnel que le traducteur souhaite imposer d’emblée. Cependant, si Holland affirme sa volonté de respecter le texte de Pline en ne supprimant pas les phrases devenues gênantes dans le contexte élisabéthain, il pèche dans l’autre sens sans pour autant s’en justifier dans sa préface. En effet, tout au long de son Histoire naturelle, mû par une tradition exégétique très influente chez les auteurs protestants, ce vulgarisateur érudit n’a de cesse d’intervenir, de gloser les passages qu’il juge trop compliqués pour le commun des lecteurs, d’ajouter des glossaires expliquant les termes trop techniques, et de ponctuer son texte de notes marginales. Il faut dire que le recours à la technique de l’amplification est caractéristique de l’acte traductif à la Renaissance. Il semble par conséquent aller de soi au moment où Holland rédige sa préface [17].

Si, dans cette dernière, il ne dit pas un mot des libertés qu’il sera amené à prendre dans sa traduction et professe une fidélité de bon aloi, il n’hésite pas, en revanche, à valoriser les emprunts faits aux latin dans le but d’anoblir la langue anglaise. « [ …] [I]s our language so barbarous, that it will not admit in proper tearms a forrein phrase ? », demande-t-il, faussement naïf. Il faut dire que l’emprunt, que George Puttenham désignait sous le terme de soraismus (qu’il rend en anglais par l’expression pittoresque de « mingle mangle »), fait débat à la Renaissance [18]. Certains lettrés sont ainsi farouchement opposés à cette pratique qu’ils accusent de défigurer la langue anglaise. Pour preuve, John Cheke affirme dans sa préface à la traduction du Courtisan en anglais par Thomas Hoby en 1561 :

I am of this opinion that our own tung shold be written cleane and pure, unmixed and unmangled with borrowing of other tunges, wherein if we take not heed bi tijm, ever borrowing and never paying, she shall be fain to keep her house as bankrupt [19].

Néanmoins, tout le monde ne voit pas l’emprunt comme une cause de banqueroute, et son emploi, tel qu’il est prôné par Holland, est également perçu par la plupart de ses contemporains comme un enrichissement. Sidney [20] et Chapman [21] sont, par exemple, convaincus de l’importance du renouvellement de la langue anglaise via la traduction des classiques.

À la lumière de ces observations, une interrogation majeure subsiste : pourquoi choisir Pline alors que tant d’autres auteurs s’offrent à Holland ? Certes, Pline n’a pas la réputation d’être aussi difficile que Tacite [22]. Mais cela ne suffit pas, d’autant que Pline est extrêmement prolixe. La question d’un tel choix se pose encore plus âprement lorsque l’on sait que le traducteur, élevé selon les préceptes de l’Église d’Angleterre, ne perd pas une occasion de s’exhiber en bon chrétien. À une époque où les traducteurs s’efforcent généralement d’angliciser des auteurs avec qui ils voudraient ne faire plus qu’un, toute fusion parfaite avec l’écrivain latin reste impossible, et pour cause. Quiconque le lit est forcé de reconnaître l’absence de Dieu dans l’Histoire naturelle. Holland peut bien esquisser un portrait flatteur de Pline dans la partie biographique de sa préface, il ne peut contourner l’adoration qu’il vouait aux dieux païens. Néanmoins, il lui suffit de souligner cet embarrassant défaut, commun à tous les auteurs de l’Antiquité, pour s’en dédouaner, et cette attitude est celle qui prévaut parmi les lettrés des 16e et 17e siècles. On pardonne en effet aisément à l’Antiquité ses hérésies païennes pour souligner la vertu des Renaissants, qui réinterprètent les découvertes passées à la lumière du Christianisme.

Holland est un fervent Protestant, mais il n’est pas puritain pour autant, comme le laisse penser la métaphore théâtrale qu’il file à l’envi [23]. C’est donc en défenseur de l’Église d’Angleterre qu’il imagine tous les reproches que l’on pourrait lui adresser afin de mieux s’en prémunir, cela dans un style indirect libre non dépourvu d’efficacité. Une fois dressée la liste de ces hypothétiques blâmes, il réaffirme sa position éthique : « Farre be it from me, that I should publish any thing to corrupt mens manners, and much lesse to prejudice Christian religion ». Il va plus loin, désignant non seulement ses champions parmi les hommes les plus respectables de l’Église d’Angleterre, mais trouvant bon de surcroît de joindre à sa préface une lettre écrite de la main de l’un d’entre eux (hélas jamais cité et désigné seulement par les initiales H. F.), qu’il affirme certes reproduire mot pour mot, mais qu’il invente probablement de toutes pièces.

Le procédé y gagne une certaine originalité, et pare à toute critique, même si le contenu de ladite lettre, qui contraste visions païenne et chrétienne de la nature [24] et qui, pour ce faire, juxtapose les citations tirées des écritures saintes, reste conforme aux stéréotypes de l’époque. Mises en valeur par des notes marginales — huit au total — renvoyant le lecteur à une source bien connue, les allusions bibliques [25] qui tissent la trame de la prétendue lettre de H. F. sont familières aux lecteurs élisabéthains, qui les entendent pratiquement chaque jour à l’église. Les sermons auxquels ils assistent reprennent en effet les principaux épisodes mentionnés dans la fausse missive reproduite par Holland, lequel se trouve en outre particulièrement bien placé pour citer les Écritures Saintes puisque son propre père, ne l’oublions pas, occupait une position éminente au sein de l’Église d’Angleterre. « Proceed then my beloved friend to bring unto the birth your second labour », affirme H. F. pour conclure son billet, qui n’est rien d’autre qu’un prêche rédigé en bonne et due forme. C’est ici un Holland ventriloque qui, avec la prétendue bénédiction de l’Église, se donne le droit d’accoucher de son second livre.

La métaphore de la naissance [26], aussi étrange qu’elle puisse nous paraître aujourd’hui, est un cliché très utilisé dans les préfaces de traducteurs qui s’accaparent les fonctions de reproduction féminines pour imposer leurs propres labeurs. Le mélange des genres n’est donc à l’époque ni rare, ni choquant. Il témoigne en revanche d’un certain flottement conceptuel sur la place du traducteur, qui se retrouve à accomplir les basses besognes traditionnellement dévolues aux femmes en publiant des livres de seconde main, mais qui cherchent bien vite à faire oublier cette faiblesse en puissant dans un registre guerrier que Holland ne délaisse pas, loin de là. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il insiste sur la vaillance militaire de l’auteur qu’il traduit, comme si, par quelque effet de métempsychose, la remarquable virtu de Pline pouvait se transmettre naturellement à son traducteur.

L’auteur latin, que Holland définit comme un « Philosopher », s’impose donc à plus d’un titre. D’une part, parce que son œuvre est un « monument », et reconnu comme tel par le traducteur. Pline est un classique, et Holland, qui valorise l’Antiquité au détriment de ses contemporains, souligne dans sa préface l’action bénéfique du temps sur la bonne littérature : « but surely it is antiquitie that hath given grace, vigor, & strength to writings ; even as age commendeth the most generous and best wines ». Un texte ancien serait donc aussi plaisant que le du vieux vin. De cette métaphore vinique, le buveur modéré qu’est Holland [27] tire le meilleur parti, car il enchaîne ensuite en évoquant sa crainte des censeurs (« hard censours »). Or, ces derniers ne peuvent demeurer insensibles à un tel argument. Qui plus est, dans la lettre prétendument anonyme qu’il reproduit dans sa préface, le traducteur anglais fait écrire à son pieux défenseur une série de références bibliques. Or, l’une d’elles mentionne un épisode du Cantique des Cantiques dans lequel Salomon affirme que de jeunes renards ravagent ses vignes (Can 2 : 15) [28]. On peut donc lire cette citation comme un écho déformé aux propos tenus par Holland quelques lignes plus tôt.

D’autre part, Pline est incontournable parce que, assène le traducteur, voilà un auteur qui écrit pour le bien de l’humanité. Parer celui que l’on traduit de toutes les vertus morales possibles répond évidemment à des codes plus ou moins incontournables qui jalonnent à cette époque les préfaces de traducteurs. Holland n’est est qu’à son deuxième fait d’armes, mais il maîtrise déjà parfaitement les normes en vigueur.

De fait, Pline visait effectivement un lectorat relativement large et s’efforçait de vulgariser son savoir pour qu’il atteignît toutes les catégories de la population [29], ce que Holland lui-même cherche à faire. Précisons toutefois qu’en réalité, le prix de son imposant volume est loin d’être à la portée de toutes les bourses : les plus modestes ne peuvent pas l’acquérir. Écrire, à l’instar de son modèle, pour le plus fruste des hommes « (the basest clowne »), est donc une volonté qui restera à l’état de vœu pieux [30].

D’autres raisons de traduire Pline se précisent encore au fil de notre préface. S’atteler à l’Histoire naturelle est sans nul doute un voyage immobile pour l’homme éduqué qu’est Holland [31] : sous sa plume, écrire consiste donc à prendre le large, et la métaphore du voyage nautique revient à deux reprises dans sa préface (« other motives there were that made saile and set me forward », et « making saile with a fervent desire and resolution to see an end »). Traduire Pline constitue en outre un réel défi pour l’Élisabéthain, puisque d’autres avant lui se sont « intéressés à cet auteur », qui est devenu l’un des plus lus de la Renaissance. Et Holland de poursuivre : « I saw how divers men before me had dealt with this authour, whiles some laboured to reforme whatsoever by injurie of time was growne out of frame : others did their best to translate him into their own tongue, and namely, the Italian and French ». En Italie, la traduction de Cristoforo Landino remonte à 1476. En France, Les sommaires des singularités de Pline de Pierre du Changy n’est pas une traduction à proprement parler mais, dès sa publication en 1542, son succès est énorme. Quant à la traduction d’Antoine Du Pinet, elle date de 1562.

Il lui faut donc combler un manque en Angleterre puisque, sous-entend-il, personne n’y a encore eu le courage de traduire Pline dans sa langue natale. Ce qui, au demeurant, n’est pas tout à fait vrai : la première tentative concernant la traduction de l’Histoire naturelle est due à un certain I.A, peut-être John Alday, qui, en 1565, se borna à traduire assez maladroitement une douzaine de pages à partir du résumé français de Pierre du Changy [32]. Quoi qu’il en soit, l’émulation est un facteur décisif pour Holland qui se veut patriote avant même d’être traducteur. Néanmoins, comme bon nombre de ses contemporains, il affirme dans sa préface une modestie de façade puisqu’il ne se situe qu’au « troisième rang » [33] des écrivains (au sens large) dont il vante les mérites [34]. Cette humilité n’est bien sûr qu’un vernis qui, grâce à une rhétorique bien huilée, lui permet en réalité de faire valoir ses propres qualités de traducteur.

En outre, semblable fausse modestie ne parvient guère à dissimuler l’agressivité de l’entreprise de Holland, trahie par les allusions qui parcourent sa préface [35]. Ces dernières sont d’ailleurs communément utilisées par les traducteurs de la Renaissance. Il faut bien sûr reconnaître que leurs textes sont également parcourus d’évocations plutôt pacifiques venant curieusement s’adjoindre à des images militaires. Ils usent et abusent de la métaphore vestimentaire (dont Holland lui-même est généralement friand mais qu’il n’exploite pas dans notre préface) [36], quand ils ne comparent pas le travail du peintre et du traducteur [37], et recourent volontiers à l’imaginaire de la moisson [38], de la naissance ou de l’hospitalité. Parallèlement, cela ne les empêche nullement de décrire leur pratique en termes beaucoup plus crus, évoquant tantôt la mutilation (Margaret Tyler), tantôt le cannibalisme (John Florio), tantôt la (re)conquête. Holland recourt comme tant d’autres à la métaphore guerrière. En effet, celui qui avait quelques lignes plus haut loué les vertus prétendument pacifiques du gouvernement d’Élisabeth exhorte ses compatriotes à se venger de la domination romaine. La plume telle que la conçoit Holland devient donc une arme permettant de faire oublier l’humiliation du joug romain, et à l’en croire, chaque patriote devrait exprimer le même désir : « to triumph now over the Romans in subduing their literature under the dent of the English pen, in requitall of the conquest sometime over this Island, atchieved by the edge of their sword ».

Nulle métaphore sexuelle, en revanche, sous la plume de Holland, hormis les allusions à la naissance déjà commentées plus haut, et qui ne suffisent pas à féminiser entièrement la traduction accomplie, d’autant plus que Holland évoque clairement une paternité littéraire, même s’il prétend la rejeter (« without fathering any thing of mine owne »). Il ne s’agit ici que d’un déni supplémentaire dans une préface marquée par la posture de la dénégation.

Par tous ces aspects, la préface de Holland est représentative de l’attitude du traducteur littéraire de la Renaissance, souvent plus préoccupé par la langue-cible que par la langue source, et généralement contraint de jongler avec les paradoxes. Affirmer sa fierté de traducteur en faisant preuve d’humilité n’en est qu’un parmi d’autres. Selon Massimiliano Morini, le traducteur-type de cette époque, influencé par les théories humanistes, est un traducteur qui n’ose modifier ni l’inventio, ni l’elocutio propres au texte d’origine, mais qui se sent en revanche parfaitement libre d’en altérer l’elocutio, c’est-à-dire le style, afin de s’adapter aux goûts de son lectorat [39]. Sans doute Holland ne fait-il pas exception. Si la préface de son Histoire naturelle cultive le déni (de compétence, d’orgueil, de blasphème), il témoigne aussi d’une habileté rhétorique qui place son auteur parmi les premiers traducteurs quasi-professionnels de son temps.

Holland n’est en effet ni poète, ni dramaturge, ni écrivain, mais se définit avant tout comme un médecin-maître d’école [40]. S’il n’est donc pas encore un professionnel accompli, c’est parce qu’il pratique d’autres métiers, et il choisit d’ailleurs de privilégier sa qualité de médecin (« Doctor in Physicke ») sur le frontispice de sa traduction de Pline, comme s’il cherchait désespérément à être pris sérieux. L’homme met en outre un point d’honneur à préciser qu’il ne traduit pas pour l’argent (« and some opportunities of privat lucre overslipt and lost, to win profit unto all »), mais pour rendre service à la communauté. Pour autant, il ne faut pas oublier que sa préface reste un exercice de style attendu : le lecteur averti ne prendra donc pas son contenu au pied de la lettre. Père d’une famille nombreuse, Holland avait en effet du mal à gagner sa vie de manière satisfaisante [41]. Il espérait donc probablement que sa traduction l’aiderait à vivre plus décemment. Le fait qu’il poursuive ses activités de traducteur après ses deux premières traductions tend à prouver que ce fut bel et bien le cas, même si le modeste pécule qu’il en retirait ne lui suffisait pas pour vivre confortablement. De fait, et à titre de comparaison, il était nettement moins bien rémunéré pour une traduction qu’un dramaturge ne l’était pour une pièce à succès [42]. Quoi qu’il en soit, si l’activité de Holland n’est pas si désintéressée qu’il le prétend, notre préfacier est sans doute sincère lorsqu’il affirme vouloir agir pour le bien de son pays natal. On pourrait donc le définir, dans la lignée de Thomas Elyot, comme un authentique « public servant » [43].

Le fait est qu’il s’impose avec un style clair, une écriture ciselée, la volonté de moderniser les Anciens, et des atouts de taille : une maturité liée à l’âge, des qualités de pédagogue héritées d’une longue pratique de l’enseignement, un réel intérêt pour la science dû à ses compétences en médecine, et une connaissance hors du commun, qui lui permet de s’appuyer, le plus souvent, directement sur les sources originales [44]. Travailleur acharné, Holland incarne aujourd’hui une ère bénie de la traduction anglaise, et malgré les lieux communs qu’elle égrène, la préface de The historie of the world Commonly called, the natural historie of C. Plinius Secundus possède pour le lecteur d’aujourd’hui l’incontestable mérite de souligner notre part d’héritage en matière d’emprunts et de fluidité. Force est de constater que ce que Lawrence Venuti appelle « l’invisibilité du traducteur » se trouve déjà en germe dans les premières traductions du 17e siècle, où le traducteur prétendait tout à la fois créer et reproduire, même s’il modifiait insidieusement le contenu de l’original pour séduire une majorité de lecteurs. À ce stade, une différence notable doit bien sûr être soulignée, pour évidente qu’elle puisse paraître. Au 21e siècle, le lecteur plongé dans une traduction s’imagine aisément lire l’original. Quatre siècles plus tôt, en feuilletant le texte de Holland, nul n’avait réellement l’impression de lire Pline… Le traducteur était donc également considéré comme un écrivain et, à ce titre, son portrait se trouve même reproduit dans la préface de l’une de ses traductions de la Cyropédie de Xénophon, publiée en 1632—fait rarissime pour un traducteur.

On pourra toujours dire que les considérations pécuniaires de Holland, farouchement niées par le préfacier, ne font que préfigurer les intérêts commerciaux qui l’emportent parfois aujourd’hui dans la pratique de la traduction, généralement au détriment du texte-source. Quoi qu’il en soit, le traducteur élisabéthain spécialisé dans la prose a laissé une empreinte indélébile dans le monde de la traduction littéraire. Et s’il n’a jamais écrit d’œuvre originale, ses talents de traducteur lui ont permis de donner libre cours à sa créativité. Pour preuve, Holland serait aujourd’hui le huitième auteur le plus fréquemment cité dans les pages du prestigieux Oxford English Dictionary, tenant ainsi compagnie à Shakespeare, Scott, Milton, Wyclif, Chaucer, Caxton et Dryden [45]. Une revanche posthume, en quelque sorte…

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Notes :

[1] Trois filles et sept fils, dont le poète Abraham Holland, l’écrivain et éditeur Henry Holland, et l’imprimeur et éditeur Compton Holland.

[2] Simplement en tant que maître assistant (« usher »). Il ne deviendra maître d’école à part entière qu’à l’âge de 56 ans.

[3] John Bostock (1773-1846) publiera une traduction de Pline en 1855.

[4] Sur la valeur de l’index, voir Jennifer Andersen et Elizabeth Sauer (eds.), Books and Readers in Early Modern England : Material Studies, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 2002, p. 287.

[5] Ainsi Pope mentionne-t-il Holland dans The Dunciad, I, 154 : « And here the groaning shelves Philemon bends ».

[6] Sur ce point, voir Phoebe Sheavyn, The Literary Profession in the Elizabethan Age, Manchester, Manchester University Press, 1967, p. 103.

[7] Ce traité rédigé en latin et publié à Bâle fut le seul ouvrage réellement théorique sur la traduction écrit par un Anglais avant la Restauration. Sa diffusion resta modeste.

[8] Voir à ce sujet Neil Rhodes, Gordon Kendal et Louise Wilson, English Renaissance Translation Theory, Londres, The Modern Humanities Research Association, 2013, p. 38.

[9] « […] under the most gratious and happie government of a peerelesse Princesse, assisted with so prudent, politique, and learned Counsell […] ».

[10] « […] and withall delivered unto posteritie so many fruits of wit and learning ».

[11] « […] yet needs I must confesse, that even my selfe have not only gained therby increase of the Latine tongue (wherein these works were written) but also growne to farther knowledge of the matter and argument therein contained. ».

[12] « […] not appropriat to the learned only, but accommodat to the rude paisant of the countrey ; fitted for the painefull artizan in town and citie ; pertinent to the bodily health of man, woman, and child ; and in one woord, suiting with all sorts of people living in a societie and commonweale ». 

[13] Cité par Laura Aydelotte, « Holland, Philemon », The Encyclopedia of English Renaissance Literature, Volume 2, éds. Garrett A. Sullivan, Jr., Alan Stewart, Rebecca Lemon, Nicholas McDowell, Jennifer Richards, Chichester, John Wiley & Sons, 2012, p. 504.

[14] Pline était en effet l’un des modèles de Francis Bacon, « natural philosopher » par excellence.

[15] Neil Rhodes, Gordon Kendal et Louise Wilson, English Renaissance Translation Theory, ed. cit., p. 32.

[16] Voir Antoine Berman, L’Épreuve de l’étranger. Culture et traduction dans l’Allemagne romantique, Paris, Gallimard, Coll. Les Essais, 1984.

[17] Sur les libertés prises par Holland en matière d’étoffement, voir Massimiliano Morini, Tudor Translation in Theory and Practice, Aldershot, Ashgate, 2006, p. 90-94.

[18] George Puttenham, The Art of English Poesy (1589), Ithaca, Cornell University Press, 2007, p. 338.

[19] Baldessare Castiglione, The Courtyer, trad. Thomas Hoby, Londres, William Serres, 1561, édition non paginée.

[20] Sir Philip Sidney écrivait à propos de la langue anglaise : « I know some will say it is a mingled language. And why not so much the better, taking the best of both the other ? ». Cité par Jenny C. Mann dans Outlaw Rhetoric : Figuring Vernacular Eloquence in Shakespeare’s England, Ithaca, Cornell University Press, 2012, p. 178.

[21] Chapman observait dans la préface de sa traduction d’Homère en 1598 : « All tongues have inricht themselves from their originall […] with good neighbourly borrowing, and as with infusion of fresh ayre and nourishment of newe blood in their still growing bodies, and why may not ours ? ». Cité par Jenny C. Mann, ibid.

[22] La difficulté posée par la lecture de Tacite est soulignée dans la préface de la traduction de Henry Savile en 1591 : « But he is hard. Difficulia quae pulchra ». Cité par Stuart Gillespie, Shakespeare’s Books : A Dictionary of Shakespeare Sources, Londres, Continuum, 2004, p. 477.

[23] « Having shewed my selfe once before upon the stage, presuming upon this priviledge and the curtesie of the theatre, I might have now sitten still and so rested ».

[24] « And though Plinie and the rest were not able by natures light to search so far as to find out the God of Nature, who sitteth in the glorie of light which none attaineth, but contrariwise in the vanitie of their imagination bewrayed the ignorance of foolish hearts, some doting upon Nature her selfe, and others upon speciall creatures, as their God : yet feare we not that Christians, in so cleare light, should be so farre bewitched by such blind teachers, as to fall before those heathen idols ».

[25] Holland citait d’après la Bible de Genève, la plus utilisée à l’époque élisabéthaine.

[26] Que l’on retrouve ailleurs dans la préface (« and withall delivered unto posteritie so many fruits of wit and learning »).

[27] Voir les propos tenus par son petit-fils à son sujet dans Anthony Wood, Fasti in Athenae Oxonienses … to which are added the Fasti, 2 vols. (1691-92), éd. P. Bliss, 4 vols. (1813-20) ; réimpr. 1969, p. 234.

[28] « These are the foxes by whom we feare t he spoile of the Lords vines when as the grapes first begin to cluster ».

[29] « To say nothing of the precedent given by the authour himselfe who endited the same, not with any affected phrase, but sorting well with the capacitie even of the meanest and most unlettered ».

[30] Voir Andrew Hadfield, The Oxford Handbook of English Prose 1500-1640, Oxford, Oxford University Press, 2013, p. 107. Hadfield précise : « Holland’s Pliny, unbound, went for 13s ». Il explique en outre que les volumes généralement traduits par Holland étaient assez onéreux, et tous calqués sur le même modèle : « handsome folio volumes running sometimes over a thousand pages, prestige productions fetching a premium price, though not entirely beyond the means of sufficiently interested general readers »

[31] La notice de l’Oxford Dictionary of National Biography ne mentionne aucun voyage significatif. Holland, constamment occupé à traduire à partir de la cinquantaine, semble avoir été très attaché à Coventry.

[32] Voir A summarie of the antiquities, and wonders of the worlde, abstracted out of the sixtene first bookes of the excellente historiographer Plinie, vvherein may be seene the wonderful workes of God in his creatures, translated oute of French into Englishe by I.A.

[33] « Endeavoured I have therefore to stand in this third ranke […] ».

[34] « As for my selfe, since it is neither my hap nor hope to attaine to such perfection, as to bring foorth somewhat of mine owne which may quit the pains of a reader ; and much lesse to performe any action that might minister matter to a writer ; […] me thought I owed this dutie, to leave for my part also (after many others) some small memorial […]. Endeavoured I have therefore to stand in this third ranke […] ».

[35] Par exemple : « the souldiour were to have recourse unto the universitie for militarie skill and knowledge », to « triumph now over the Romans in subduing their literature under the dent of the English pen », ou encore « a martiall man withall, and served often times as a leader and commaunder in the field ».

[36] Voir Andrew Hadfield, The Oxford Handbook of English Prose 1500-1640, ed. cit., p. 109.

[37] Holland n’échappe pas à la règle : « Thus Nicophanes […] gave his mind wholly to antique pictures, partly to exemplifie and take out their patternes after that in long continuance of time they were decaied ; and in part to repaire and reforme the same, if haply by some injurious accident they were defaced ».

[38] On retrouve sous la plume de Holland la référence suivante : « For this benefit wee reape by studying the books of such auncient authours ».

[39] Massimiliano Morini, Tudor Translation in Theory and Practice, ed. cit., p. 66.

[40] Il rappelle ainsi, à certains égards, la personnalité de Richard Argentine (1510/11–1568), qui fut également médecin, maître d’école et traducteur.

[41] Dans son entrée sur Holland pour l’Oxford Dictionary of National Biography, John Considine précise ce que lui rapportait sa fonction de maître assistant : « […] a position which brought him a salary of £10 a year and a house ». Rien n’est dit sur ce que lui rapportaient ses traductions. Considine précise qu’à la fin de sa vie, Holland bénéficie enfin d’un soutien financier : « From 1632 to 1636 Holland received an annual pension of £3 6s. 8d. from the city of Coventry. In 1635 he was authorized to receive charity from the members of his old university ».

[42] Pour d’utiles précisions à ce sujet, voir Andrew Hadfield, The Oxford Handbook of English Prose 1500-1640, ed. cit., p. 107 : « There is record of his receiving £4 for his Ammianus and £5 for his Camden […]. Unsurprisingly, no one else made such a career out this kind of translating. But the books themselves appear to have sold ; they were frequently reprinted, and booksellers kept offering new ones ».

[43] Voir Neil Rhodes, English Renaissance Translation Theory, ed. cit., p. 35.

[44] Même s’il regarde aussi ce que font ses prédécesseurs. Dans le cas de Plutarque, John Considine écrit : « Holland at least compared Amyot’s translation, and a Latin translation, with the original », in « Holland, Philemon (1552–1637) ».

[45] Voir Laura Aydelotte, « Holland, Philemon », The Encyclopedia of English Renaissance Literature, ed. cit., p. 505, et Andrew Hadfield, The Oxford Handbook of English Prose 1500-1640, ed. cit., p. 107.

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